« Les taxis, c’est une histoire de rencontres »

Michel Vermeren est notre chauffeur du taxi du mois de février. Récompensé en décembre par l’Union international du Transport Routier pour son professionnalisme et l’image positive du métier qu’il transmet, ce passionné d’Old Timers est presque né dans le taxi de son grand-père.

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« J’ai commencé le métier un peu par hasard. Une blessure demandant une longue période de repos avait mis fin à ma carrière militaire et je cherchais un nouvel emploi. J’avoue que je n’avais pas les connaissances nécessaires pour me lancer immédiatement en tant que chauffeur. Donc, j’ai étudié, j’ai obtenu ma licence et fin décembre 1983, je faisais mes premières courses.

Mon grand-père était chauffeur de taxi. D’ailleurs, c’est lui qui a conduit ma mère à l’hôpital alors qu’elle était sur le point d’accoucher. Obélix est tombé dans la potion magique quand il était petit, et moi j’ai failli tomber dans le secteur du taxi dès ma naissance ! Il est décédé quand j’avais 7 ans, mais il m’a laissé une forte impression. Lui aussi a fait une longue carrière, de 1934 jusqu’à son décès en 1969, et a également obtenu une médaille de travail.

Les taxis, c’est une histoire de rencontres. La rencontre avec une clientèle de tous les horizons : des mères de famille, des touristes, des toxicomanes, des fêtards, des hommes d’affaires… Et j’en passe. La clientèle est souvent très charmante, parfois épouvantable. Mais c’est le cas partout et pour toutes les professions. Lorsqu’on fait bien son métier, on inspire la confiance chez le client et ça se ressent. Il faut toujours essayer de rester zen et surtout de ne pas s’énerver. Le chemin que vous vouliez emprunter est bloqué ? Vous connaissez bien la ville et vous en connaissez certainement un autre. Il faut prendre les choses comme elles viennent et surtout, les prendre du bon côté. Evidemment, parfois, la situation est telle qu’il n’y a pas de solution, mais il faut l’accepter.

Ma carrière a été marquée par la chance. Mais la chance, il faut la provoquer, elle ne vient pas toute seule. Un jour, j’ai vu une femme d’affaires qui avait des difficultés avec ses valises. J’ai appliqué ce que mon grand-père m’avait appris : politesse et diplomatie. Je lui ai proposé de l’aide et elle a accepté. Elle est devenue une de mes plus fidèles clientes : pendant 20 ans, elle s’est installée parfois jusque 2 fois par semaine sur la banquette arrière de mon taxi pour des destinations en Belgique ou dans les pays limitrophes. Si je n’avais pas fait l’effort de sortir de mon taxi pour lui proposer mes services, nos chemins ne se seraient probablement jamais croisés.

Je pense avoir une belle carrière derrière moi. J’ai commencé par des courses la nuit pour plus tard passer en journée et devenir indépendant. J’ai rencontré de nombreuses personnes et j’ai parfois même accueilli des célébrités dans mon taxi. Il y a des hauts et des bas comme dans toute profession. Mais quand on aime son métier, on le considère comme le plus beau du monde. La pension, ce n’est pas pour moi. J’aime que mes journées soient bien remplies et je ne m’imagine vraiment pas devoir un jour laisser mon taxi au garage. »

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