Conduire un taxi : « une fois qu’on y a goûté, on ne revient plus en arrière »

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En 1979, après une courte carrière en tant que dessinateur industriel, Bruno Robyn décide de se lancer dans le secteur du taxi. Au début, il pense y rester six mois ou peut-être un an. « Finalement, j’ai changé d’avis », avoue-t-il. Aujourd’hui, Bruno compte 35 ans de service dans la ville d’Anvers à son compteur. Il est notre chauffeur du mois de décembre.

« Le plus bel aspect dans ce métier, c’est que vous rencontrez des personnes de tout horizon, de toutes les couches de la société : pauvres, riches, maigres, gros… Vous ne croiserez certaines personnes qu’une seule fois dans votre vie, d’autres entrent régulièrement dans votre taxi et n’ont même plus besoin de dire où elles souhaitent se rendre. Au fil du temps, j’ai même pu créer un lien sincère avec certains clients réguliers. Des discussions inachevées, car nous sommes arrivés à destination, reprennent parfois tout simplement lors de la prochaine course. »

Un chauffeur se doit d’avoir des aptitudes sociales, et également faire preuve de valeurs humaines et de discrétion. « Écouter, voir et se taire » pourrait être la devise des chauffeurs de taxi. De plus, offrir un bon service est crucial. Le client est roi, même si parfois ses demandes sont étranges. « Un jour, j’ai été cherché un client à la Gare Centrale et il m’a demandé de le conduire à l’hôtel Billiard Palace, situé à peine à 100 mètres de là. Je lui ai précisé que s’il allait à pied, il serait là plus rapidement et à moindre prix évidemment, mais il a quand même préféré rester dans le taxi. Finalement, nous avons tourné 3 fois autour du la Place Reine Astrid et nous avons papoté. Il a payé sa course sans se plaindre et m’a chaudement remercié pour l’agréable conversation. »

L’année prochaine, Bruno fêtera ses 65 ans et atteindra donc l’âge légal de la pension. Mais il ne se voit pas rester tous les jours à la maison. « Comme une grande partie de mes collègues, j’aimerais encore rouler une ou deux fois par semaine. Vous savez, chauffeur de taxi, une fois qu’on y a goûté, on ne revient plus en arrière. Lorsque je suis à la maison, une ferme à 50 kilomètres d’Anvers, je retrouve le calme et le silence. Mais pendant mon service, je profite vraiment de l’animation de la ville. »

Durant toutes ces années, Bruno a accueilli des milliers de personnes dans son taxi et parmi elles, parfois des têtes connues. Mais il aime souligner que la qualité du service presté n’est en aucun cas différente d’un client à l’autre. « Bah, je ne suis pas très vite impressionné, ce sont des personnes comme les autres, alors pourquoi est-ce que je devrais les traiter autrement ? Qui aimerais-je voir monter dans mon taxi en 2016 ? Du moment que c’est une personne agréable, je suis très content. Pas besoin nécessairement d’une célébrité. »

Vous voulez découvrir le prédécesseur de Bruno ? Cliquez ici pour lire l’interview de Roland Mestdag, notre chauffeur du mois de novembre.